Lettre à la Zola, au Peuple de Maurice


Préambule

art634642186008399502La lettre ouverte qu’écrivit Emile Zola au Président Félix Faure, dans l’édition de l’Aurore du 13 janvier 1898, reste dans les annales comme la plus fameuse des envolées journalistiques de tous les temps. C’est de cette puissante lettre, tombée dans le domaine public, que je me suis directement inspiré, pour m’insurger publiquement contre les abus de ce gouvernement amoral et incompétent. La situation exige que l’on pointe du doigt, que l’on crie sur tous les toits. Ce gouvernement n’est plus digne de nous représenter aux affaires du pays.

Devant l’inefficience de nos institutions, le refus des ministres de tutelle d’accepter leurs torts et d’assumer pleinement leurs responsabilités, je ne peux que m’adresser qu’à mes concitoyens. Une lettre au Président de ce pays ne servirait à rien ! Nous nous sommes mis dans un piège politique lors de nos derniers votes, mais il est venu, je pense, le temps de réparer nos dégâts afin de pouvoir envisager des lendemains plus sereins.

Je le fais car je suis libre et responsable de ma parole… Je le fais ici car la presse de mon pays en est une de libre, fière et objective dans son ensemble.

Merci Emile…


LA LETTRE

Frères et sœurs de tous bords,

Me permettez-vous, d’avoir le souci de votre juste dignité et de vous dire que votre étoile, si bonne jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

Ils s’en sortiront, encore une fois, sains et saufs des basses calomnies, et s’en iront à nouveau à la conquête de vos cœurs et de vos votes. Ils apparaissent rayonnants dans l’hypothèse d’une alliance politique que nous jugeons contre-nature, tout bas, dans nos foyers et sur nos lieux de travail. Ils se préparent à fanfaronner dans les rues de nos quartiers. Ils justifieront la réussite d’une ploutocratie qui couronnera plus de 40 années de division et de travail de sape, faisant fi des vérités, des libertés et des valeurs de notre nation arc-en-ciel.  Contre cela, Je m’indigne et m’insurge.

Cela peut paraitre comme une norme qui nous aura été sournoisement induite depuis presque un demi-siècle. Mais au-delà de cette fatale normalité, quelle tache de boue sur la Nation – j’allais dire sur votre nom de Mauricien – que ces abominables affaires qui nous secouent ces derniers mois !

Toute une machine de conseils stratégiques et de relations publiques vient, par arrogance, oser faire croire qu’au-delà des fameux « Acts of God », nous avons un gouvernement bienveillant, compétent et digne… camouflet suprême à toute vérité, à toute justice.

Mais c’est fini ! Notre Ile Maurice a sur la joue, cette souillure ! Une année 2013 entachée de la mort de 21 de nos concitoyens, troublée par des affaires de pédophilie dans nos institutions scolaires, par des affaires d’escroqueries institutionnalisées, de drogue, par des histoires de droits des travailleurs bafoués, pour ne citer que ceux-là.

L’Histoire que nous conterons à nos petits enfants, se sera, alors, écrite à l’encre de notre honte ; celle de n’avoir rien pu faire. Et si elle devait se réécrire autrement, ce ne serait qu’à la force de notre courage de refuser et de contrer cette sourde machine qui, du lever au coucher, fait tout pour diviser un peuple qui ne sait vivre autrement qu’avec l’autre. La nouvelle Histoire de l’Ile Maurice ne se récrira que si nous ne voulons plus que les crimes sociaux, auxquels nous avons assistés depuis le début de l’année, soient encore commis… sans sanctions !

Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, Moi. Ma vérité, je la dirai, car j’ai promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait plus, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice de despotes ou être coupable de prostitution. Mes nuits sont hantées par le spectre d’une Nation sans avenir, de nos enfants, apatrides en devenir…  J’ai peur du chaos des mœurs et des lois….  Je cauchemarde à l’idée que notre Patrie arc-en-ciel se laisse encore écarteler dans l’expectative d’un renouvellement de confiance à une bande d’avides incompétents, aux paroles mièvres et fausses.

Et c’est à vous, honnêtes Mauriciens, frères et sœurs de tous bords, que je la crie, ma litanie, de toute ma force, avec toute la conviction de ma révolte de mauricien libre.

A qui d’autre dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, peuple admirable ? A qui d’autre devrai-je plaider la cause de notre Patrie quand ceux qui la gouverne nous divisent avec leur discours trop souvent peu laïc, avec leurs promesses faussement rassembleuses et leurs actions intéressées ? Suivez l’index…

J’accuse… OUI…

J’accuse le Gouvernement Mauricien et les partis au pouvoir:

  • De totale incompétence et d’irresponsabilité. D’un déficit de moralité, d’un manque de courage, d’honnêteté et de justice quand il est question d’honorer la mémoire de ceux qui ont perdu leur droit d’exister sur leur sol natal, par défaut de la bonne gestion des affaires de la cité. Ce gouvernement n’a, en effet, plus le droit moral de diriger NOTRE pays.
  • D’avoir voulu dilapider les richesses  et la stabilité du pays gagnés à la force de tant de ceintures serrées, dans des promesses faites dans l’unique but d’éviter la fronde d’un peuple traumatisé, amer et frustré. Proposer une majoration massive des bases de salaires du service civil, à 600 jours d’une échéance électorale, par les temps qui courent, est juste de l’irresponsabilité criminelle.     
  • De nous refuser protection, nous, citoyens de la République de l’Ile Maurice, en laissant rouler sur nos routes, les cercueils ambulants que sont les autobus de la Compagnie Nationale de Transport.  Il est juste inacceptable de ne plus pouvoir se sentir serein de se déplacer dans des transports en communs, sous prétexte de tant de gratuités !
  • De vouloir mettre en danger, le bien-être, l’avenir et la vie des mauriciens en permettant des projets nocifs à l’égard de la santé de tout un peuple et de l’environnement du pays… de la planète ; de ne respecter en rien, les fondements du projet Maurice Ile durable. Je leur reproche ouvertement le fait de s’en être servi comme une promesse électorale sans suite.
  • De détournement de biens sociaux quand ils utilisent l’unique station de télévision nationale, à des fins propagandistes. La MBC est un bien qui appartient à la société mauricienne dans son ensemble et ne peut être utilisée comme canal de propagande politique et sectaire par quiconque, fut-il le parti au pouvoir ou un président d’association. Il a été maintes fois démontré, de manière claire et nette, que cet outil qui, de par les lois qui la régissent, est au service du peuple et non aux siens et à leurs amis, a été détourné de ses fonctions premières.
  • De se fourvoyer dans des arrestations abusives et le non respect des libertés d’expression et de pensée de la presse, des syndicalistes et des activistes. 

J’accuse les institutions de tutelle :

    • D’avoir été aveugles, sourdes et muettes, alors que des milliards de roupies prenaient des portes dérobées à leur barbe et à leur nez.  Il est plus qu’évident que l’implication d’un grand nombre de dignitaires et hauts fonctionnaires ne pouvait que mettre la puce à l’oreille de ceux qui ont le devoir de contrôler les transactions et de réprimer les fraudes. 

J’accuse la Justice mauricienne :

    • De ne pas jouer son rôle de garde-fou, d’avoir été complaisante à l’égard de certains et dure envers ceux qui méritent protection. Il est en effet injuste, immoral et dangereux de juger selon deux ou plusieurs vitesses. On ne peut avoir confiance en un système qui pénalise ceux qui dénoncent tout en accordant le bénéfice du doute à ceux que tout accuse. On ne peut admettre que certains passent des nuits de garde-a-vue dans des cliniques 5 étoiles alors que d’autres, plus humbles, plus petits, ne peuvent se prévaloir de telles facilités.

J’accuse l’Opposition Parlementaire :

    • De laxisme, n’arrivant plus à prendre correctement ses responsabilités de protecteurs d’intérêts du peuple.  Devant tant événements inavouables, d’incompétences, d’excès de zèle et d’arrogance, il aurait été judicieux, de leur part, de démissionner en bloc du parlement, afin de laisser au peuple l’occasion de se prononcer sur son avenir, au lieu de se perdre dans des questions qui demeurent sans réponses.

ET…  JE NOUS ACCUSE, NOUS… PEUPLE  ADMIRABLE DE MAURICE  :

    • De non-assistance a nation en danger et de fait, de trahison, ne pas avoir le courage de nous rassembler en face de tant d’incompétences et d’arrogance. De nous diviser en temps de guerre, au moment même où l’honneur de nos morts nous interpelle et se doit d’être sauf.
    • Je nous accuse de ne fonctionner que dans de stériles conciliabules, disant de basses messes, au lieu de dire ASSEZ, de vive voix.
    • Je nous accuse de ne plus voir au-delà de notre nez plongé dans tant de matérialisme, d’être devenus des autruches… des dodos, brefs des bêtes à plumes que lorgnent et leurrent des loups corrompus.
    • Je nous accuse d’avoir perdu foi, en nous, en notre capacité de pouvoir changer les choses de notre vie quand elles partent en perdition. Je nous accuse d’avoir baissé les bras par dépit, par défaut et par omission, d’avoir oublié que nous avons la responsabilité de protéger notre mode de vie ilien, celui-là même qui nous valait, jadis, d’être la meilleure destination du monde.

Aux Urnes Citoyens !

Rappelez-vous, nous étions réputés pour notre chaleur, nos sourires, notre accueil. Aujourd’hui c’est la honte qui nous hante, qui se lit sur notre visage, honte de paraitre aux yeux du monde une nation en pleine perte d’identité et de crédibilité.

Frères et sœurs de tous bords, Je vous prie de mesurer la portée de votre silence et de son incidence sur l’avenir de nos enfants, de leurs enfants… de notre mère patrie. Devant l’état de notre nation en lambeaux, je vous exhorte de faire entendre vos voix à réclamer, à l’unisson, la démission de nos ministres ouvertement incompétents. Terminons-en avec cette réputation de peuple à « Tempo », gourmand de briani ou de macaroni.

Chantons La Mauricienne… Formons les bataillons !  Fiers et dignes.

Fraternellement vôtre…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s