7 Mythes du Vagin


Si Jean Ferrat chantait  la femme est l’avenir de l’homme, il n’en demeure pas moins vrai que la condition féminine aura beaucoup souffert de l’ignorance, du machisme et de l’esprit obtus de certains penseurs. De la simple condition de souffre-douleur au statut d’hérétique sorcière, la femme est sans aucun doute la seule femelle du règne animal à avoir été persécutée par ses congénères de l’autre sexe. A bien y regarder, nous voyons que cette différence de comportement est surtout liée à cette intelligence dite supérieure de la race humaine.

A suivre : Les 7 mythes du vagin les plus tenaces, dont certaines traces existent encore dans notre société du 3e millénaire :

1. L’utérus baladeur…

Uterus baladeur - Wandering UterusEt si votre utérus, se prenait d’envie de se balader dans tout votre corps ?

C’est ce que Platon avançait, comme théorie, pour expliquer l’hystérie chez la femme. Cette explication, heureusement discréditée de nos jours, courait encore pendant le 20e siècle. Platon, comme d’autres de ses contemporains grecs, décrivait l’utérus comme un petit animal qui gambadait, à sa guise dans tout le corps de la femme, obstruant des passages, bloquant la respiration, causant des maladies.

Le mythe de l’utérus baladeur aura bien vécu…

2. Le vagin denté

Imaginez l’homme qui fait l’amour à sa petite amie, et tout d’un coup… Tchak ! Plus de pénis !

Eh bien, ce mythe folklorique répondant à l’exotique nom latin de Vagina Dentata a bien existé et a longtemps perduré dans bien des contrées ! C’est ainsi qu’on crut longtemps que l’orifice de procréation de certaines femmes cachait des dents suffisamment affûtées pour mordre, blesser et castrer certains messieurs. En fait, il était surtout question du reflet de la personnalité castratrice de certaines séductrices ou de la passion animale qui animait certaines pendant l’acte sexuel.

En 2007, le film Teeth, mit en vedette une étudiante qui découvrit qu’elle possédait cette arme secrète…

3. Le clitoris violeur

Vagin Violeur et Excision

Vagin Violeur et Excision

Le clitoris, foyer par excellence du plaisir féminin, aura fait courir plus d’un pendant bien longtemps. Il était perçu comme l’instrument du Malin dans bien des cultures.

Au 16e siecle, Sinistrari, inquisiteur romain et auteur de nombreux ouvrages sur les démons,  prévint qu’une femme au clitoris surdimensionné pouvait violer un homme ! Il recommanda ainsi, que celles affublées d’un tel attribut devaient être considérées comme impures et conséquemment torturées.

Au 18e siècle, l’excision était prescrite, par les médecins occidentaux, comme cure contre toute sorte de choses allant de la masturbation, à ce que l’on considérait comme une vie de dépravée, …

La pratique ancienne de l’excision partielle ou totale, a toujours cours dans certains pays et affecte des millions de femmes de la même manière, indépendamment de leur culture. Dans certaines cultures justement, le mythe est tel qu’il fait accroire que le clitoris peut se transformer en pénis, s’il n’est pas enlevé. Dans d’autres contrées, il est de forte croyance qu’un bébé-fille peut mourir s’il se touche le clitoris.

4. Les règles maudites

Dans le domaine des mythes biologiques, les menstruations de la femme tiennent la dragée haute quand il en vient à faire peur ! Longtemps perçues comme une punition divine, les règles étaient vues comme un signe de corruption et considérées comme du poison.

Pline l’Ancien, (en latin Gaius Plinius Secundus) écrivain et naturaliste romain du 1e siècle, auteur d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle, prétendit que le simple regard d’une femme menstruée pouvait atténuer la luminosité d’un miroir, émousser le tranchant de l’acier et enlever le brillant de l’ivoire.

Au moyen âge, il était de conception courante que toute relation sexuelle avec une femme pendant ses menstruations, pouvait tuer l’amant ou avarier sa semence pour produire des rejetons horriblement difformes. On pensait aussi que la seule présence d’une femme dans un champ, pendant ses règles, pouvait annihiler les récoltes… alors que les menstruations sont, pour la plupart du temps, un sain symbole de la fécondité !

5. Le viol immaculé

Viol Immaculé

Akin Justifiant la théorie du viol immaculé

First of all, from what I understand from doctors, [pregnancy from rape] is really rare. … If it’s a legitimate rape, the female body has ways to try to shut that whole thing down. But let’s assume that maybe that didn’t work or something. I think there should be some punishment, but the punishment ought to be on the rapist and not attacking the child.

Rep. Todd Akin

Robert Mackey du New York Times le fit ressortir. Il existe bien un mythe multi-centenaire qui veut que le viol ne cause pas de grossesse. Il cite pour cela, Vanessa Heggie, qui démontra dans « The Guardian », qu’il existait depuis le 13e siècle, en Angleterre,  une posture légale à propos du fait qu’une grossesse pouvait exonérer un homme de viol. Cette absurdité proviendrait d’une croyance ancienne qui voudrait qu’une femme devait absolument avoir un orgasme pour pouvoir concevoir un enfant. En d’autres termes, il lui aurait fallu un partenaire consentant pour pouvoir être enceinte.

Plusieurs pontes « anti-avortement » du 20e siècle ont essayé d’utiliser ce mythe aberrant pour faire valoir leur position.

Autre absurdité plus récente ; En Caroline du Nord, un membre de l’exécutif législatif qui apparemment avait des connaissances en médecine, fit part de sa croyance qui voulait que le viol ne pouvait en aucun cas provoquer la grossesse… « Parce que les jus ne prenaient pas ».

6. Avec un vagin, on ne peut apprendre !

De nombreuses théories machistes ont été concoctées à travers les âges par les hommes pour justifier le refus d’accès à l’éducation des femmes. Certains de ces courants existent malheureusement toujours ! Mais la plus fumeuse des théories est celle émise, dès 1800, par le pédagogue Edward H. Clarke. Il estimait, en effet, que l’énergie consacrée à l’étude priverait les organes reproducteurs de la fille pubère du nécessaire «flux de puissance ». Il aurait même prévenu que l’enseignement supérieur chez la femme provoquerait l’apparition de cerveaux monstrueux dans des corps chétifs avec en plus… une digestion anormalement faible.

En 2005, le président d’Harvard d’alors, Larry Summers, insinua, à son tour, des différences innées entre hommes et femmes. Sa théorie fantaisiste doutait autoritairement de la capacité de la femme à travailler ou à étudier les maths et les sciences.

7. Le vagin et sa place dans la théorie de l’évolution

Avec un Vagin

Certains universitaires féministes pointent de l’index la théorie de Darwin, prétextant que celle-ci, qui place les mâles agressifs dans une position de dominant qui donnerait le privilège de choisir quelle femelle inséminer, faisait écho aux notions sexistes de l’époque victorienne. Il est vrai cependant, que c’est sur cette partie de la théorie darwinienne que surfent les misogynes pour justifier la promiscuité sexuelle, l’agressivité des hommes, l’obligation de fidélité de la femme et la différence entre les genres.

Le prix de la plus grosse connerie évolutionnaire revient a Kevin D. Williamson, rédacteur en chef adjoint de la publication National Review qui écrivit un torchon pleins de bêtises ou il cita notamment que les vrais hommes n’engendraient que des fils, plutôt que des filles et que Mitt Romney allait recevoir 100% des votes de l’audience féminine en raison de sa  pseudo supériorité évolutionnaire sur Obama. Comme quoi le racisme scientifique tout comme le sexisme, est un concept souvent généré par des esprits obtus !

Et vous ?

Que pensez-vous ? Sommes-nous sortis de l’auberge des horreurs ?

  

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