Non à la Brutalité Policière… Non aux excès de Zèle de la Police


Photo0095C’est ce que je veux affirmer avec la plainte que j’ai officiellement logée au Human Rights Commission, contre un officier de la Station de Police de Quatre Bornes pour une gifle donnée dans un moment d’excès de zèle. Certainement un délit de fasciés après une dure journée ! Mais l’un n’explique en aucun cas, l’autre !

Traumatisme

Quand on est engagé à aider dans la défense des droits du citoyen, l’expérience d’une agression verbale et/ou physique, anodine ou pas, de la part d’un agent de la paix dans une station de Police, a un gout dix fois plus amer. Elle reste un fait traumatisant pendant des jours, des semaines, voire des mois et on en dort presque plus, surtout quand on a été toujours respectueux de ceux qui exercent leur dur métier dans les forces de l’ordre. D’aucun que j’ai pu croiser lors de manifestations, lors de gardes-à-vue, vous diront le contraire, quelque soit leur grade.

Il faut comprendre que dans tout cas de figure, la loi interdit formellement à tout officier de Police d’exercer des moyens d’intimidation violents et arrogants. Même en cas de répression, les policiers sont tenus d’utiliser une force de démonstration et d’exécution proportionnelle au degré des menaces en présence. La coercition de leur part reste un fait condamnable et est un élément annihilant aux yeux de la loi dans un tribunal.

Cette disposition de la loi est la même, à l’égard du citoyen. Menacer, agresser verbalement ou physiquement un agent des forces de l’ordre est une circonstance aggravante est reste un grave délit. Le policier a, alors, le choix entre ignorer ou sanctionner par l’arrestation et les poursuites standard, l’arrogance ou la violence d’un citoyen à son égard. A aucun moment et dans aucun cas, lui est-il permis de lever la main sur le citoyen !

Incident évitable !

Les affaires Kaya, Toofanny ou Abel, entre beaucoup d’autres, sont autant d’épisodes où la Police aura été mise à l’index pour avoir, délibérément ou pas, utilisé des méthodes fortes pour arriver à ses fins. Dans bien des cas, la finalité aura été la mort d’homme. Depuis, bien des choses ont été promises, comme une meilleure approche dans l’accueil par les Policiers, comme l’installation de cameras de surveillance dans les salles d’interrogatoire et aux comptoirs des stations. Ces dispositions auraient pu empêcher la gifle, et donc les emmerdes qui vont avec, mais elles n’existent toujours pas.

Il faudrait tout de même reconnaître que la plupart des agents de Police restent des hommes et des femmes honnêtes, rationnels et efficaces, des professionnels qui bravent les dangers insidieux de la vie des rues de tous les jours… et pour cela on ne peut que leur faire chapeau bas. Mais là où le bât blesse, c’est dans leur sourde complicité faussement corporative, avec les brebis galeuses qui entachent leur métier.

Une stoïque complicité qui fait froid dans le dos

Lors de l’incident du 1e août, ils étaient plus d’une demi-douzaine devant moi, hommes et femmes en uniforme derrière le comptoir, assistant à une scène enclenchée par seulement l’un des leurs. Croyez le ou non, aucun n’a levé le petit doigt pour calmer le jeu… au contraire ! Au moins deux d’entre eux avaient la main sur leur ceinturon, prêts à dégainer la matraque si j’osais lever la voix… ça se sentait !

Moi qui voulais immédiatement porter plainte, me vus répondre comme d’une seule voix :

Enn fer foutt deklarasyon pa pou pran !

Le stoïcisme complice des autres officiers me fit vraiment froid dans le dos, même à moi, “vieux” baroudeur des causes perdues, surtout quand l’on s’attend à ce que les agents des forces de l’ordre font leur travail de protection et de catalogage des faits.

Cette situation a la particularité de mettre réellement en danger le citoyen et ouvre d’immenses champs de possibles à des dérives qui peuvent souvent mener à l’escamotage de la Vérité… D’où, d’ailleurs, la sensation d’impuissance que ressent le public, par rapport à ses dénonciations.

Ayo… Pa pou kapav fer naryin kont zot sa ! Mem si nou al donn depozisyon naryin pa pou ariv zot, sa bann la ! 

Et c’est justement là l’erreur ! Penser que l’on doit rester sans action parce que le système leur est favorable est la pire chose à faire, si l’on veut que s’arrêtent ces excès de la part de ceux, qui par serment, ont fait le vœu de protéger le citoyen, en toute circonstance. Bien au contraire, chaque plainte logée au Human Rights Commission mauricien, est un juste rappel des limites et des vrais attributs de notre force policière.

Mieux encore, toute plainte pour brutalité policière est un exutoire efficace !

Le bon psychologue vous le dira :

Tout traumatisme se guérit par la parole…

Qu’on le veuille ou non, chaque fait de brutalité que l’on subit est traumatisant. Il devient d’autant plus dur à gérer quand c’est le système, à travers certains policiers trop zélés, qui s’en charge. Ce que j’ai vécu, samedi dernier, m’était resté comme un aveu de faiblesse, jusqu’au moment où avec mon avocat, nous avons pris la décision de mener bataille envers ce qui est un acte inacceptable. D’autant plus que j’avais été un de ceux qui étaient monté au créneau dans l’affaire Toofanny.

Portez Plainte… Dénoncez… C’est de loin votre meilleure protection !

Portez plainte en cas de tout type d’agression, qu’elle soit verbale ou physique de la part de la Police. Logez la au Human Rights Commission qui est une instance indépendante. Cette commission a les prérogatives nécessaires pour pouvoir enquêter à volonté dans les affaires impliquant la Police. Faites de chaque fait reprochable à la Police, un élément comptable, statistique à verser au dossier de l’inefficience des forces de l’ordre. C’est de loin la meilleure protection que nous pouvons accorder à chaque citoyen de ce pays, contre les dérives policières.

Loin de vouloir instiguer une chasse aux sorcières, je ne peux que suggérer qu’il est du devoir du citoyen de maintenir la juste pression sur les systèmes qui nous gouvernent. Mettre en lumière des actes de brutalité policière en est un moyen et c’est un droit. Utilisons le à bon escient !

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