TERRA MAURICIANNA


TERRA MAURICIANNA – Notre terre, cette Île !

A l’occasion du 48e anniversaire de l’indépendance de l’Île Maurice, je ressors cet article écrit originellement en 2012, pour rappeler que nous ne sommes riches que de ce que l’on a, de nos amis, de nos convictions et de nos ambitions…

image4144Elle, cette île, n’est plus ce vulgaire rocher posé sur un tapis émeraude, mais bien une entité indépendante, vivante, démonstrative et revendicatrice. C’est le pied-à-terre de plus d’un million d’îliens multicolores, aux ambitions modernes et avant-gardistes, dont la fierté est sans doute cette capacité à s’adapter au pire comme au meilleur. Oui le mauricien est fier ! Demandez-le lui quand il est loin de chez lui… Cherchez et vous trouverez une solidarité inégalée lorsqu’ils se retrouvent hors de chez eux, exactement comme ce banc de milliers de maquereaux qui fait corps pour échapper à son prédateur. Demandez-lui où il fait mieux vivre, et il vous dira que c’est auprès de sa blonde, celle qui est loin d’être une écervelée et rarement blonde. Il est comme ça le mauricien, un plaisantin aux bons mots, à la bonhomie d’un genre presque pastoral.

Multiethnique, multiculturelle, l’Ile Maurice est aujourd’hui un pays multifonctions. Il a sa place dans le concert des grands, propose ses atouts, dévoile ses charmes pour attirer non seulement des touristes en mal d’exotisme, mais aussi des investisseurs en quête d’un lieu sûr pour faire accroître les talents que d’autres bourses persécutent. Vue du ciel, l’île Maurice est l’antithèse de Pandémonium et ils sont nombreux, ceux qui veulent migrer de l’enfer du Nord.

Être mauricien est vraiment une chance. Naître sur une terre fertile forge l’homme et sa femme et nous, nous y sommes bien nés. Mais elle, cette île, n’a pas toujours été ainsi, pas toujours accueillante, généreuse, si l’on s’en réfère aux journaux de bord des premiers colons. Il aura fallu plus de trois siècles, plusieurs vagues d’immigrés pas toujours libres et surtout la vision de quelques grands hommes et femmes. Le labourage incessant des esclaves du colon français, l’expertise du labeur sans prix des coolies que l’Anglais berna, la sueur des artisans sans droits de Ghuangzhou, sont à la base de tant de richesses d’aujourd’hui. Oui c’est vrai ! La nation mauricienne s’est bâtie sur la souffrance amère et muette des premiers immigrés, il est temps de le reconnaître pour que se perpétue cette paix sociale qui nous flatte tant. Oublier tout cela c’est comme renier ses origines par honte, par complexe d’infériorité. La notion du mauriciannisme prend essence à partir de là… La notion de  mauricianité plurielle devient alors pléonasme. Dire qu’une ethnie aura plus souffert que l’autre nous éloigne sans cesse de l’objectif d’une vraie nation arc-en-ciel, aux plaies cicatrisées. Le mauricien est métis dans son sang, sa langue, dans son regard, dans sa démarche, dans son désir d’avancer nonchalamment, dans son baazar de Port-Louis, dans son Champs de Mars de zougadères, devant son match de foot entre Manchester United et Liverpool. Métis jusqu’au palais, jusqu’aux  papilles qui reconnaissent chaque parcelle de culture qui composent sa ration. A y regarder de plus près, on dirait même qu’il a le sang noir, ou blanc selon le point de vue, variable, que l’on choisit d’adopter. Noir non pas en référence à la méchanceté, mais bien de par le mélange des couleurs primaires en imprimerie, blanc pour ceux qui mélangent les couleurs de l’arc-en-ciel sur les écrans. C’est ça oui ! D’où qu’on le voie, quelque soit l’angle d’approche que l’on choisisse pour l’aborder, le mauricien est, et reste métis. Blanc sans être blanc, noir sans être noir, jaune panaché.

Aujourd’hui, plus que jamais, dans un monde en révolution technologique perpétuelle qui préconise une occidentalisation tous azimuts, le Mauricien se doit d’être Un, unique. Il se doit d’utiliser les ressources de son intelligence et de sa force pour revendiquer son droit à sa spécificité culturelle tout en préservant cette unité dans la diversité qui le caractérise, tout en se préservant de certains politiques démagogues qui n’hésitent pas à brandir la menace communale pour faire comme faisaient ces colons d’un autre temps, diviser pour régner ; ce contre quoi s’est battu Gandhi.

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